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L'enfant peut-il être un créateur à notre époque ?


Des solutions face aux dangers des écrans pour les enfants et adolescents

Les conséquences de l'abus de technologies contemporaines atteint maintenant deux générations, la créativité des enfants en est gravement amoindrie et l'on observe la médiocrité se déverser sur l'humanité dans de nombreux domaines à travers le monde. L'enjeu économique de ces objets-écrans (aux ondes nocives) est colossal. Ils ont inondé la planète en très peu de temps, se faisant à la fois de plus en plus miniatures et facilement connectés à Internet. Les GAFAM n'ont aucun état d'âme envers les graves méfaits de ces objets sur les enfants à travers le monde, leur priorité étant de faire affluer les dollars à Silicon Valley...! Cependant n'oublions pas que ces multimillionnaires protègent leurs propres enfants de l'usage de ces mêmes écrans jusqu'à la puberté, y compris à l'école, car eux en connaissent parfaitement les danger !


Un choix à faire en tant qu'adulte aujourd'hui :

Le défi majeur de l'adulte face à l'objet-écran, en tant que parent, enseignant ou baby sitter occasionnelle, est de réveiller sa conscience et de renoncer à l'illusoire "tranquillité" qu'il obtient en "connectant" l'enfant ou l'ado sur "écran". Car en faisant cela, il le déconnecte de lui-même !

Inutile de nous voiler la face : lorsque nous éteignons "l'écran" et que l'enfant hurle brutalement avec un regard perdu sans pouvoir contenir son agressivité, nous savons dans notre fort intérieur que cet appareil est nocif pour lui !

- C'est vrai, mais c'est tellement pratique, ça l'occupe et je peux enfin faire ce que j'ai à faire !

Ce déni de la souffrance de l'enfant que l'on réduit à un "appareil" que l'on branche, ou plus exactement que l'on "éteint", pour le faire tenir tranquille induit de lourdes conséquences. Par contre, oser renoncer à cette tranquillité illusoire, toxique pour l'enfant, demande de la détermination, mais c'est notre première responsabilité d'adultes contemporains. C'est le début de la victoire car nous sommes alors contraints, nous-mêmes, à sortir de la passivité consumériste pour devenir créateurs de solutions, d'apprentissages vivants, de jeux, afin de construire notre relation à l'enfant. C'est sans doute "la" solution, mais elle ne se vit créative et joyeuse qu'en totale liberté.

C'est pourquoi nous avons tant besoin de comprendre pourquoi l'enfant est médusé, immobile et muet devant l'écran, car alors scandalisés, nous seront capables d'y résister nous-mêmes !

Au delà même du contenu des images, c'est leur effet hypnotique (qui vient du rythme ultra-rapide où elles s'inscrivent et se succèdent sur l'écran) qui "endort" la conscience de l'enfant. Il vit une sorte de rêve éveillé, passif, incapable de stopper ce déferlement d'images et de sons : il les "boit", ou les subit, sans aucun recul. Le professeur Rainer Patzlaff(*1), parle de "regard captif", de "paralysie de l'attention" conduisant à "un processus physiologique de dépendance" généré par des accélérations et des cassures dans le défilement des images incompréhensibles pour l'enfant. Ce qui génère en lui peurs et insécurisé. Ce sont ces peurs qui déclenchent l'injection hormonale d'adrénaline puis de dopamine dans le sang de l'enfant, qui se sent alors exalté. C'est ainsi que l'enfant est peu à peu déconnecté de lui-même et qu'il devient addicte à ces "injections" hormonales dopantes, décalées de son corps inerte face à l'écran. Son cerveau est passif face à ces processus induits par l'objet-écran et ses potentiels s'atrophient !

C'est pourquoi l'agitation et la peur s'installent en lui avec leur cortège de maux : déficit d'attention, insomnie, obésité, dépression, diminution de sa fréquence cardiaque, dérèglement hormonal, agressivité, violence verbale et physique...


Qu'en est-il pour le petit enfant ?

Le premier besoin vital du petit enfant de moins de 6 ans, hormis sa nourriture, est de bouger en développant ses cinq sens pour appréhender le monde, y trouver ses propres repères pour y prendre des initiatives, créer en interaction avec la matière. C'est en initialisant de nouveaux mouvements, de nouvelles créativités concrètes, que l'enfant impulse en lui de nouvelles facultés physiques et psychiques à sa mesure. C'est alors que son cerveau très souple crée de nouvelles connexions, dynamisant ses potentiels en réponse à la vie et aux expériences qui l'animent.

C'est pourquoi une des premières solution = pas d'écran avant 6 ans !

- Pourquoi ?

- Parce qu'avant cet âge le corps et le cerveau de l'enfant sont très souples, en pleine formation et il ne faut surtout pas le détourner de ces jeux imaginaires. C'est là qu'il construit les fondements de son équilibre, de sa sécurité intérieure et de sa capacité à s'exprimer en interaction avec son environnement réel. Aussi, de plus en plus de psychiatres, de psychologues, de pédiatres et de neuroscientifiques comme Michel Desmurget (*2) sont convaincus qu'avant 6 ans l'enfant ne doit utiliser aucun smartphone, ordinateur ou autre écran.

Lorsque l'enfant perd ses dents de lait vers 6-7ans, c'est une étape importante car cela nous signale que son corps a intégré une profonde transformation, en écho ses dents d'adultes, ses potentiels, sont prêts à "sortir". Ce qui demandera encore plusieurs années d'activités adaptées.

Aussi avant qu'ils ne perdent leurs dents de lait laisser aux enfants le temps de jouer en exerçant leurs cinq sens dans la nature. Les travaux des professeurs Jordi Seinyer et Eirini Flouri démontrent que le potentiel des enfants, leur cerveau ainsi que leur cœur, se développent bien mieux s'ils vont le plus souvent possible dans la nature. Ces enfants là goûtent à la vie, à la joie de créer seul ou ensemble. Ils sont stables et savent spontanément faire la différence entre la vérité et le mensonge, le factice et le réel, ce qui réjouit leur cœur et les rends créateurs où non...!

Aujourd'hui avec le recul, nous savons qu'un enfant ne peut apprendre via un écran. Il est certes occupé, mais il est surtout dispersé, passif : un pantin sous l'influence d'une machine. Il n'ennuie ni ses parents, ni ses professeurs, durant ses temps d'écrans en état d'hypnose, mais sa mémoire s'atrophie et ses potentiels s'étiolent car ils ne sont pas éveillés dans son action concrète par son enthousiasme à inventer... Il est maintenant confirmé par les neuroscience, dans divers pays, que les apprentissages sur écrans dessèchent la créativité, l'imagination des enfants et dévitalise leurs potentiels pour leurs apprentissages à venir. Philippe Bihoux et Karine Mauvilly nous le confirment dans "Le désastre de l'école numérique" édité au Seuil.


Qu'en est-il pour l'adolescent ?

Durant ses études l'adolescent, quant à lui, va réagir très différemment suivant la place qu'ont eu les écrans durant son enfance. S'il leur a dédié son temps, il subit déjà le phénomène d'addiction, ce qui va le conduire vers d'autres addictions plus sévères. En effet, dans ce cas il n'a pas pu construire en lui son centre de libre arbitre, sa force intérieure de "je" capable de choisir de résister à la frustration. Il est soumis au circuit de la récompense immédiate. (*3) Sabine Duflo, psychologue clinicienne, écrit à ce sujet que si le cortex préfontal de notre cerveau n'est pas régulièrement sollicité grâce à l'usage de notre libre arbitre, de nos questionnements, de notre créativité, cette zone du cerveau dégénère et devient inactive. C'est à dire que nous devenons telle une marionnette dirigée par nos désirs qui doivent impérativement être satisfaits immédiatement. L'adolescent addicte aux écrans, se retrouve dans ce cas. On en rencontre de plus en plus !

Ce futur adulte là devient incapable de se projeter dans son avenir pour développer un projet à terme, car ce circuit de récompense est trop long pour lui, il est incapable de soutenir ses efforts dans le temps pour qu'il porte des fruits. On peut dire que cet adolescent addicte est infantile dans la mesure où il exige d'obtenir un résultat immédiat, ce qui n'est pas réaliste et ne peut le rendre "mature" !

Il ne peut cultiver l'espérance en son devenir d'adulte original, il reste dépendant.

- Où trouve-t-il sa joie...?

- Dans l'addiction et la dépendance à l'adrénaline illusoire qui se déclenche en lui face à la peur...!!!

Nul besoin de préciser à quel point son équilibre psychique est alors fragile.

Malheureusement, s'il n'a pas exercé sa patience, son libre arbitre, les connexions neuronales du lobe frontal de son cerveau sont "inactivées", "lésées"(*3). Cet adolescent n'a alors pas la faculté de reconnaitre et saisir sa propre joie, puisqu'il n'a jamais agit en créateur libre et original.

Son potentiel créateur a été tué dans l'œuf via un usage régulier et prématuré de l'objet-écran !!!


Que faire face à cette situation ?

Afin que de moins en moins d'adolescents en arrivent là, il est important de mettre en place une vigilance dès que le jeune commence à utiliser les écrans. En complément du contrôle parental classique, j'ai mis au point le test "Addict ou libre". Je l'ai souvent utilisé auprès des jeunes qui entrent bien dans son aspect ludique, ils apprécient les repères et informations que cela leur apporte. Ce test se présente sous forme de jeu, afin qu'ils indiquent librement leur temps d'écran par appareil : smartphone, ordinateur, tablette, télévision, jeux vidéos, réseaux sociaux, ... par jour. Ensuite ils indiquent leur temps de sports, leur temps passé en nature et leur temps passé à créer (sans support numérique) au niveau artistique, artisanal ou autre... par jour.

Les "gagnants" sont ceux qui totalisent toujours plus de temps en sports, nature, créativité, garantissant ainsi l'équilibre de leur corps, de leur cerveau et de leur cœur : "ils gagnent la partie" ! Ces adolescents là se donnent les moyens de se révéler à la mesure de leur pratique.

Le travail réalisé par Jacques Brodeur (*4), ancien professeur de sport qui a mis au point "Les 10 jours sans écrans" en Amérique du Nord puis en Europe dans des écoles, collèges et lycées est particulièrement intéressant. Cette pratique ludique propose aux jeunes qui le choisissent, de gagner des points pour leur classe en renonçant à quelques temps d 'écran chaque jours. Ceux qui font ce choix découvrent alors un temps libre important durant lequel ils peuvent s'adonner à de nouvelles activités, enrichir leur vie relationnelle et créatrice. C'est une belle expérience pour eux de savourer leur vie et de lui redonner sa véritable valeur.


En conclusion :

Un des premier pas à réaliser pour les adultes qui veulent sincèrement trouver des solutions face aux dangers des écrans pour les enfants, est d'étudier librement ce sujet en profondeur, en interaction avec les besoins réels des enfants selon leur âge. Cela implique d'y consacrer du temps, de faire des recherches au delà des médias superficiels, comme pour préparer un projet favorable à leur carrière, leur Avenir...! Pour vous encourager dans ce sens, vous trouverez à la fin de cet article une bibliographie sur ce sujet.

Toute épreuve comprise est un tremplin vers la capacité de devenir créateur de sa vie.

Joëlle Richardière

Contact : www.pedagogie-arskola.net

arskola34@gmail.com


Bibliographie : Ecrans et enfants 📷

Livres :

- (*1)L'enfant face aux écrans de Rainer Patzlaff éditions Aethera

- (*3)Quand les écrans deviennent neurotoxiques par Sabine Duflo chez Marabout

- (*2)La Fabrique du crétin digital, les dangers des écrans pour nos enfants Michel Desmurget au Seuil

- Les écrans, mode d'emploi par Dteur Sylvie Dieu Osika chez Hatier

- Le meilleur pour mon enfant de Guillemette Faure

- Les petites bulles d'attention par Jean Philippe Lachaux

- Le cerveau funambule de Jean Philippe Lachaux

- Le désastre de l'école numérique, ... une école sans écrans de P. Bihouix et K. Mauvilly au Seuil

- L'enfant et les écrans de Jean François Bach, éditions Le Pommier

- La solution magnésium par le Dteur Marianne Mousain Bosc

- Apprendre à résister par Olivier Houdé - Edition Le Pommier

- TV lobotomie de Michel Desmurgé

- Faire face aux dépendances. Alcool, tabac, drogues, jeu par Charles Cungi, Retz, 2005

* Voir la Bibliographie des études, très complète de COSE actualisée très régulièrement !

- Reset Your Child's Brain de Victoria Dunckley

Sites :

*http://www.surexpositionecrans.org/ Cose et ses nombreux documents à télécharger.

http://www.alertecran.org/

(*4)Edupax avec ses nombreux documents téléchargeables

http://www.sabineduflo.fr/

https://www.commonsensemedia.org/

http://www.crdp-lyon.fr/podcast-videos/album/la-famille-tout-ecran/ https://www.clemi.fr/fr/guide-famille/le-guide-pratique-la-famille-tout-ecran.html

Vidéos :

- https://www.youtube.com/watch?v=9-eIdSE57Jw&feature=youtu.be&t=1, par le Dteur Anne Lyse Ducanda :les écrans un danger pour les 0-4 ans

- https://www.franceinter.fr/emissions/grand-bien-vous-fasse/grand-bien-vous-fasse-19-sept-2019

- https://www.youtube.com/watch?v=uw4IjRhW6QM, Spectacle Cie Art Monie

- https://www.youtube.com/watch?v=ADpS6oK5zH4, Quand les écrans sont une drogue

- https://www.youtube.com/watch?v=x4J7OF1bDio, Addiction : il est accro aux écrans à 13 ans !

- https://usbeketrica.com/article/youtube-videos-enfants-traumatisantes par Guillaume Ledit usbeketrica, 11/11/2017

- Hyperconnectés : le cerveau en surcharge | ARTE Octobre 2018

- Envoyé spécial. L'addiction aux écrans :"héroïne numérique" - 18 janvier 2018 (France 2)

- Envoyé spécial A2. 1° novembre 2018 "Apple, Google, Face book, les nouveaux maîtres du monde" :

- École numérique, bonne ou mauvaise idée ? - FUTUREMAG - ARTE

- L'Ecole du futur | André Tricot | TEDxToulouseSalon

- Quand les neurosciences rencontrent l’éducation | Eric Gaspar | TEDxAlsace

Affiches "4 pas" à télécharger sur le site "Alertecran"

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  ©arskola 2020